Chien adopté en refuge : pourquoi sa race sur le papier est souvent une supposition

« Croisé berger », « type labrador » : la race notée à l’adoption est une estimation visuelle. Pourquoi elle se trompe souvent, et comment en savoir plus.

Par la rédaction Get Dog DNA Test. Publié le . Lecture : 3 min.

Chiot brun chocolat aux yeux clairs, couché sur un tapis

D’où vient la race inscrite à l’adoption

Quand un chien arrive dans un refuge sans papiers, l’équipe doit remplir une fiche. Il faut lui donner un nom, un âge estimé, un gabarit, et souvent une race ou un type. Faute d’information sur ses parents, cette race est déduite de son apparence : la forme de la tête, les oreilles, la robe, la taille.

C’est une estimation raisonnable et utile. Elle aide les adoptants à se représenter le chien et à anticiper sa taille adulte. Mais ce n’est pas un constat.

Ce que dit la recherche

Une étude publiée en 2009 a comparé la race indiquée par des structures d’adoption aux résultats de tests ADN sur les mêmes chiens. Pour seulement un quart d’entre eux, la race annoncée faisait bien partie des races principales détectées. Pour la très grande majorité, au moins une race présente n’avait pas été repérée.

La raison tient à la génétique : quelques gènes gouvernent des traits très visibles, comme le poil ou les pattes, pendant que la plus grande partie du génome ne se voit pas. Nous l’expliquons en détail dans pourquoi un chien croisé ne ressemble pas toujours à ses races.

Pourquoi c’est plus compliqué pour un chiot

Chez un chiot, l’estimation est encore plus fragile. Sa taille adulte, la texture de son poil ou le port de ses oreilles peuvent encore changer. Un chiot « type labrador » peut devenir un chien d’une allure très différente en quelques mois.

Quand la race compte vraiment

Pour la plupart des familles, connaître les races d’un chien adopté relève de la curiosité, et c’est une bonne raison. Dans quelques situations, la question devient pratique :

  • Les règles locales. Certaines communes, certains logements ou certains assureurs appliquent des règles liées à la race ou au type de chien. Si c’est votre cas, renseignez-vous auprès de l’organisme concerné : un test d’ascendance n’est pas un document officiel et ne remplace pas ce qu’il exige.
  • Le gabarit adulte. Pour un chiot, les races probables donnent une idée de la taille à prévoir.
  • Le dialogue avec le vétérinaire. Connaître l’ascendance probable peut être un élément de contexte, que votre vétérinaire interprétera au cas par cas.

Ce que la race ne vous dira pas

La race n’est pas une notice de comportement. Une étude publiée en 2022 dans Science, portant sur plus de 18 000 chiens, estime que la race n’explique qu’environ 9 % des différences de comportement entre individus. Un chien adopté a un vécu, parfois difficile, qui pèse bien plus que ses origines. Les conseils d’un éducateur ou d’un vétérinaire comportementaliste restent la meilleure aide si son comportement vous pose question.

Comment en savoir plus

  1. Demandez au refuge ce qu’il sait. Lieu où le chien a été trouvé, informations sur la mère ou la portée, observations de l’équipe : chaque détail compte.
  2. Gardez l’estimation pour ce qu’elle est. Une hypothèse de départ, pas une identité.
  3. Faites parler l’ADN. Un test d’ascendance compare le génome de votre chien à une base de chiens de race. C’est la seule méthode qui fonctionne sans rien savoir de ses parents. Avant de choisir, lisez ce qui fait la fiabilité d’un test ADN pour chien.

Sources

  1. Voith V. L. et al. (2009). Comparison of adoption agency breed identification and DNA breed identification of dogs. Journal of Applied Animal Welfare Science, 12(3).
  2. Morrill K. et al. (2022). Ancestry-inclusive dog genomics challenges popular breed stereotypes. Science, 376.

Soyez prévenu le jour de l’ouverture